Les Ovnis dans l’Océan Indien – Manuel Wiroth

Bien qu’éloignés des zones fortement peuplées et industrialisées, le sud de l’Océan Indien et l’île de la Réunion sont des lieux où les apparitions d’Ovnis sont relativement fréquentes. Il est hautement probable que leur quantité a été largement minorée. Il n’y a en effet jamais eu, comme en France métropolitaine, de tissu dense d’organisations ufologiques pour enquêter, analyser et publier les cas portés à leur connaissance. Pour autant, les pouvoirs publics ont souvent manifesté un intérêt aigu pour ces catégories de phénomènes. On s’interroge d’ailleurs sur la stratégie de désinformation orchestrée par les autorités avec, en arrière-pensée, une volonté délibérée de mainmise sur le renseignement. Manuel Wiroth a entrepris un travail énorme de classement et de recoupements pour synthétiser ces observations insolites et tenter de comprendre le sens de leur manifestation dans cette région du monde.

Chapitres :

Introduction

1.Des cas très spécifiques longuement investigués par les pouvoirs publics

I.1. Des rencontres rapprochées traumatisantes à La Réunion

I.2. La Réunion, une terre de « crashes de rien »

I.3. Quelques cas très étranges

I.4. Des cas anciens et récents à Madagascar et dans la zone sud-ouest de l’Océan Indien

2. Stratégies de désinformation et mainmise sur le renseignement

II.1. Y a-t-il une politique de désinformation délibérée ?

II.2. La Réunion est-elle touchée par cette désinformation sur les ovnis ?

II.3. Désinformation et protection du secret (France, Monde)

III. Les hypothèses explicatives

III.1. Des technologies humaines ?

III.2. L’hypothèse extraterrestre

III.3. Les HPN

III.4. L’HSP


Il y a 50 ans l’affaire des « Babas Michelin » éclatait à La Réunion. Le 31 juillet 1968, un jeune habitant de la Plaine des Cafres déclarait avoir vu une soucoupe volante, et deux personnes ressemblant à des bonhommes Michelin à son bord. 

Le mercredi 31 juillet 1968 est la date supposée de la plus célèbre « Rencontre du 3ème Type » jamais intervenue sur l’île de la Réunion. Ce jour-là, un jeune agriculteur du nom de Luce Fontaine déclare aux gendarmes avoir observé, ce matin-là, dans une clairière, un engin volant extraordinaire et deux entités en scaphandre qu’il décrira comme des « Bonshommes Michelin ».

Bien que sceptiques au départ, la presse et les gendarmes se trouveront vite confrontés à la découverte stupéfiante d’indices. Selon les déclarations de Luce Fontaine, l’engin était bleu et blanc et à son bord il a vu deux personnes, petites, pas plus de 90 cm et qui ressemblaient avec leurs vêtements, à des bonhommes Michelin. C’est lorsqu’on découvre que la radioactivité est importante sur les vêtements du jeune homme de 22 ans que l’affaire prend une autre dimension. Suite aux indications de l’agriculteur, on découvre aussi un taux anormalement important dans le champ où il dit avoir vu l’engin.

Cette affaire exceptionnelle fait partie aujourd’hui des cas les plus marquants de l’Ufologie

source : https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/il-y-50-ans-babas-michelin-debarquaient-reunion-612950.html


Observation d’un ovni durant 45 minutes sur l’île de la réunion

L’article ci-dessous est paru dans le quotidien Le Journal de l’Ile, La Réunion, le 15 Octobre 1999. L’auteur est Philippe Le Claire.

Voici un article bien plus factuel et intéressant que ce que publie d’ordinaire la presse francophone sur ce type d’événements. Il n’y est pas question de « fans de X-files pourchassant les petits hommes verts, » comme cela est l’usage courant, mais des faits et circonstances de l’observation d’un OVNI entre les îles de Mdagascar et de la Réunion en 199.

Trois pilotes accompagnés par un OVNI

Eric Grignon, instructeur de l’aéro-club Roland Garros, Philippe Cadet, ingénieur à la DDE et Eric Lescaret, commercial, s’en revenaient tranquillement d’un long périple aérien sur Madagascar – Diégo-Suarez, Tamatave, Gillot soit 7 heures de vol – mercredi 13 Octobre 1999, quand, au cours de la dernière étape de leur navigation, au-dessus de l’Océan, entre la Grande Ile et la Réunion, alors qu’ils pratiquaient du VFR de nuit – à savoir du vol à vue nocturne, à la lumière des étoiles – à bord de leur Cessna 172, un appareil monomoteur, une « étoile » plus brillante que les autres attira leur attention. Ils avaient décollé de Tamatave à 12 h 40 temps universel, soit 16 h 40 heure de la Réunion, on dit « temps Zoulou » dans le jargon des pilotes, et il était 15 h 15 T.U. quand la chose s’est produite, à 110 nautiques de la Réunion, radiale 134 de Gillot.

Eric Grignon, l’instructeur explique dans quel contexte: « La nuit était entamée car nous avions le coucher sur notre arrière (Ndlr: à l’Ouest), le ciel était bien sombre. Un point lumineux a attiré notre attention sur notre avant-gauche, à 11 h. On ne l’a pas vu apparaître parce que vraisemblablement il était noyé dans les étoiles. Nous cherchions une lumière qui nous indiquerait la Réunion, et l’un de nous a dit: « À gauche, il y a une lumière”. Mais la Réunion à gauche, ce n’était pas possible, à cause du cap, il ne pouvait y avoir de doute car nous avions un GPS en plus du reste… C’est sa luminosité qui nous a donc amené à le remarquer… » Pour Philippe Cadet, pilote lui aussi, qui était installé en place arrière, « le point lumineux était extrêmement brillant, et sa taille était d’environ trois fois celle de Vénus… »

Les 3 hommes commencent alors à s’interroger sur la nature de ce qu’ils voient au travers du Plexiglas de leur cockpit. « Un bâteau? Vous savez, la nuit, en avion, les lumières d’un bâteau sur la mer, avec les illusions d’optique, ça peut tromper. Mais ce n’était pas ça parce que le point lumineux bougeait. On a commencé à gamberger sérieusement!« 

Quand les trois hommes ont commencé à constater des déplacements notables, ils se sont réellement inquiétés. Philippe Cadet explique: « Eric a pensé que c’était un « trafic, » un avion, il a donc appelé la tour de Gillot… » Eric Grignon contacte donc Gillot sur VHF et signale: « un appareil dans mon avant gauche« , à telle distance approximative, « dont la trajectoire paraît convergente… » En l’air, surtout en VFR de nuit, on ne peut se permettre de prendre le moindre risque de collision. La tour de Gillot répond et assure l’équipage d’India Tango qu’il n’y a aucun vol dans leur secteur. Le seul appareil à se déplacer dans l’espace aérien Réunion-Madagascar, à ce moment-là, est un Air Austral dont la route est extrêmement éloignée de la leur…

Modérément rassurés, les 3 hommes décident de procéder le plus rationnellement possible et d’éliminer toutes les hypothèses fallacieuses. « C’était peut-être un effet lumineux parasite, un reflet à travers le plexi… »

Eric Grignon prend les commandes et stabilise parfaitement l’avion sur ses trois axes. L’équipage procède à une triangulation manuelle sommaire et constate en un premier temps que le point lumineux ne bouge pas… « Sur le coup, on a été rassurés et puis… hop, ça a commencé… ce n’était pas une illusion d’optique, ni le fruit d’un mouvement relatif! Ça a duré 45 minutes, jusqu’à ce que nous entamions notre descente et que le plafond de nuages nous cache la chose… la première couche était à 5.000 pieds… »

Eric Grignon, certain d’être confronté à un appareil volant non identifié rappelle la tour et confirme son observation initiale. Gillot contrôle et informe à son tour le vol Air Austral de ce qu’il se passe quelque chose d’anormal. Le commandant de bord du 737 confirme qu’il a bien reçu et qu’il ouvre l’oeil…

De ce moment l’équipage d’India Tango va bénéficier d’un spectacle rare, « C’est un peu comme lorsque les dauphins accompagnent un bateau… Dans notre cas c’était ce point lumineux qui nous précédait et qui jouait avec nous!« 

Selon Eric Grignon, « On avait du mal à estimer la distance et la taille de l’engin, la nuit, faute de références ; soit l’engin était éloigné et alors la vitesse et l’ampleur des déplacements est remarquable, soit il était petit et tout près, et le caractère extraordinaire de ses déplacements s’explique mieux… »

Ces déplacements constituent le caractère étonnant de l’observation: « Il effectua des changements de trajectoire instantanés, à l’horizontale. Or un virage de cette ampleur, un 180° prend au moins une bonne minute, là, c’était moins d’une seconde! Au début les mouvements s’effectuaient surtout à l’horizontale, puis les déplacements sont devenus verticaux… Des taux de montée hallucinants! Et pareil dans l’autre sens!« 

Pour qui connaît un tantinet les réalités liées au déplacement aériens, il est évident qu’une telle voltige n’appartient pas au domaine du possible que nous offre la technologie contemporaine. Les matériaux ne supportent pas les facteurs de charge qu’impliquent de tels changements de trajectoires, quant aux pilotes, n’en parlons pas… En voltige moteur, les meilleurs mondiaux ne s’aventurent que rarement au-delà du + 10, – 10, syncope oblige. En jet, les facteurs de charge encaissés par les pilotes équipés de combinaison anti-G sont encore moindres, rarement plus de 7 G, bien que le temps passé sous effort soit plus long, dans le cas des virages à haute vitesse par exemple.

Les 3 hommes du Cessna ont assisté à un spectacle de haute voltige extraordinaire sur 80 nautiques, soit environ 160 km.

Eric Grignon n’a aucun doute sur le caractère « étranger » de l’engin: « Sûr que ce n’était pas un avion de ligne! Ou alors, je vous laisse imaginer l’état des passagers! Un chasseur? Qu’est-ce qu’il ferait par là? Et puis, un chasseur ne s’amuse pas à brûler du pétrole pour le plaisir. Et là, pour faire le centième de ce que nous avons vu, un chasseur se serait rapidement trouvé à sec!« 

Même témoignage de la part de Philippe Cadet qui de sa place arrière ne perdait pas une miette du spectacle. « Il faisait des évolutions de droite à gauche, assez rapides, puis en biais, sur une trajectoire d’éloignement par rapport à nous… et il revenait. On l’a vu monter à une vitesse pas possible… Il n’y avait pas de trace de propulsion, ni de feux de position ; pas non plus de variation d’intensité de la lumière, une couleur blanche, constante… C’était hallucinant! À un moment donné Eric m’a dit « Regarde! » L’engin plongeait vertigineusement à une vitesse fantastique, et puis hop, il est remonté dans l’autre sens tout aussi vite!« 

Au-delà du spectacle qu’ils apprécient, les trois pilotes sont un tantinet inquiets. Seuls au-dessus de l’Océan à bord d’un tout petit monomoteur! « On avait peur qu’il ne s’approche trop… on ne sait jamais, le rayonnement possible de l’engin aurait pu nous priver d’énergie électrique, et alors, c’était le grand bain… Mais il ne s’est rien passé de tel, l’engin paraissait jouer avec nous, tout en se tenant à distance respectueuse… Il était là, il nous observait, et nous le montrait, comme en avion on se signale en battant des ailes… »

Lorsque le Cessna 172 de l’aéro-club de Roland Garros a entamé sa descente, il a percé la couche nuageuse qui s’étalait dans le ciel à 5.300 pieds… « On l’a perdu de vue à 4.500 pieds… J’espérais que la tour puisse le voir et nous confirmer la présence de notre poisson pilote en visuel, mais les nuages l’ont dérobé à l’observation… »

L’équipage d’India Tango racontait hier à Gillot son aventure à qui voulait bien l’entendre. On les comprend, un tel événement n’arrive pas tous les jours. Mais leur « histoire » restera dans les annales de l’aéronautique locale, déclarée officiellement comme incident de vol, et parallèlement explicitée devant les enquêteurs de la gendarmerie nationale.

Dans les états-majors des quatre régions aériennes françaises, la sécurité militaire reçoit régulièrement les enquêtes menées par la gendarmerie sur toutes les observations déclarées. Si l’ufologie n’est pas encore une science exacte, il y a longtemps que ce qui en constitue l’objet est pris au sérieux par l’État et la défense nationale.


OVNI à Tananarive Madagascar le 16 août 1954

Les observations de Tananarive (1954)

L’observation de Tananarive, en 1954 à Madagascar est l’une des observations d’OVNI les plus énigmatiques, ayant été vue par des centaines de témoins au-dessus d’une grande ville.

Les cas que l’on ne peut pas ignorer: Il y a des cas qui devraient être connu du grand public, car pour les scientifiques qui les étudient, ils nous disent… quelque chose. Pourquoi ? Parce qu’ils réunissent un grand nombre de faits, de données, et qu’à partir de ces données on pourrait si l’on voulait bien s’en donner la peine, faire quelques hypothèses et en éliminer quelques autres.

Antananarivo, communément appelée par les Français Tananarive, ville de Madagascar, capitale du pays et de la province éponyme. Elle est située dans la partie centrale de l’île de Madagascar, sur les pentes d’une arête rocheuse qui s’élève à environ 1 435 mètres (environ 4 700 pieds).

La ville est le centre économique, culturel, et administratif du pays. C’est le centre commercial pour une région de croissance, et les industries locales fabriquent de la nourriture, des produits du tabac, des textiles, et des marchandises dérivées du cuir. La ville a un aéroport international (Ivato). La ville est le siège de l’université d’Antananarivo (depuis 1961), possède un musée d’art et d’archéologie ainsi qu’un observatoire astronomique.

La ville a été fondée comme forteresse vers le début du XVIIe siècle par les rois Merina, qui en ont fait leur résidence principale dans les années 1790. La communauté s’est développée très rapidement alors que les rois merina, notamment Radama Ier, avaient le contrôle de la majeure partie de l’île au XIXe siècle. Les Français ont capturé la ville en 1895, et plus tard elle est devenue la capitale de la colonie française de Madagascar. Elle a continué d’exister en tant que capitale quand le pays a réalisé son indépendance en 1960.

Le 16 août 1954, à 17:00 un événement stupéfie des dizaines de milliers de témoins à Tananarive, Madagascar (on estime à 200.000 le nombre de témoins potentiels). 

A 17:00, le personnel de l’agence d’Air France attendait l’arrivée du courrier postal, délivré par un « Constellation ». Une heure après l’arrivée du Constellation, le courrier avait déjà été délivré et les membres de l’agence d’Air France, parmi lesquels M. Edmond Campagnac, ancien officier de l’artillerie et à ce moment là directeur technique d’Air France à Tananarive devisent entre eux près de l’Avenue de la Libération, la grande rue de Tananarive. Soudain quelqu’un aperçoit dans le ciel une « boule vert électrique » descendant tout droit vers le sol. Le phénomène disparaît derrière une colline au niveau du Palais de la Reine, ils s’attendent alors tous à ce que la chose percute le sol et qu’ils vont entendre un bruit d’explosion.

Mais la boule verte ne s’écrase pas...

Elle reparaît pourtant une minute après. Elle fait le tour des parties hautes de la ville, celle ci est construite sur et à l’intérieur de collines en fer à cheval. La chose entreprend alors de voler au-dessus de l’Avenue de la Libération, passant à quelque 50 à 150 mètres d’altitude devant des dizaines de milliers d’habitants médusés. En passant au-dessus des gens d’Air France, ceux-ci peuvent la voir d’assez près. M. Campagnac se rend compte que la lumière verte électrique est une sorte de plasma en forme de lentille, d’environ 40 mètres de long, « de la taille d’un DC4. » Cette forme verte est suivie d’un engin d’aspect clairement métallique, argenté ou aluminium, en forme de ballon de rugby, de 40 mètres également. A l’arrière de cet engin métallique, des flammèches bleutées s’échappant vers l’arrière.

L’engin était totalement silencieux. M. Chanpagnac, dans son témoignage maintes fois répété publiquement, explique que l’objet ne faisait même pas le bruit de frottement sur l’air qu’un planeur sans moteur aurait produit. Dans ce cas, il est notable que l’estimation de l’altitude a pu être faite de façon précise: en effet, en passant au-dessus des bâtiments de l’Avenue de la Libération, l’engin passait également devant les collines à l’arrière plan et non pas sur le fond du ciel.

Plusieurs phénomènes physiques ont été observés :

Tout d’abord, les témoins dans la ville entière ont pu constater que les éclairages des habitations s’éteignaient au moment ou l’engin passait précisément au-dessus d’eux, et se rallumaient aussitôt derrière son passage.

Ensuite les habitants ont vite remarqué que les animaux domestiques, les chiens dans toute la ville notamment, hurlaient à la mort. Lors de son trajet, l’objet est passé au-dessus du parc à bestiaux ou les paysans malgaches hébergeaient les animaux mis en vente sur le marché pendant la journée, tels des zébus. Tous ces animaux sont entrés dans un état de panique totale lorsque l’objet les survola, alors même que les avions qui survolaient le même parc régulièrement, et notamment le « Constellation » à 17:00 le même jour, ne provoquaient strictement aucune réaction des animaux, alors même que ces avions étaient bruyants et que l’OVNI, rappelons-le était lui, totalement silencieux.

Après avoir survolé Tananarive, l’engin est reparti vers l’Ouest. Deux ou trois minutes après, l’estimation en étant à cette approximation, un engin identique a été observé à 150 km de là au-dessus d’une ferme école. Là encore, les troupeaux ont été pris de panique. Le directeur de la ferme a du faire appel à des renforts afin de ramener les animaux qui s’étaient enfuis, risquant la mort dans des marécages. C’est cet appel aux renforts qui a permis au témoins de Tananarive d’entendre parler de cette seconde observation.

Brève discussion…

Si l’engin observé était le même que celui de Tananarive, ce que sa description suggère bien que l’on ne puisse le prouver absolument, alors sa vitesse devait être de l’ordre de 3000 km/h. Aux dires du personnel d’Air France, le général Fleurquin, commandant en chef à Madagascar, a réuni une « commission scientifique » pour mener une enquête sur ces phénomènes. Aucune trace de cette enquête n’a pu être retrouvée dans les archives de l’armée de l’Air, cependant le n°6 du bulletin du GEPA (Groupe d’Etudes des Phénomènes Aérospatiaux) du 2e semestre 1964 a décrit cette observation. M. Campagnac se souvient parfaitement que c’est un jésuite, le révérend père Coze, directeur de l’observatoire astronomique à Tananarive, qui fut chargé de mener l’enquête et de noter des témoignages, incluant ceux des gens d’air France aussi bien que des paysans malgaches. Cette enquête à d’ailleurs permis de se rendre compte que le phénomène OVNI s’était déjà manifesté au malgaches en plusieurs occasions dans les années antérieures, mais était resté ignoré car personne n’avait jusqu’ici interrogé la population indigène sur ce genre de choses.

M. Edmond Campagnac, ancien directeur technique d’Air France à Tananarive, a participé à l’étude du cas pour le comité COMETA. Il s’est exprimé très clairement sur ce cas lors d’un débat télévisé concernant les OVNIS sur la chaîne de Télévision documentaire « Planète Forum » en 2001, appuyé par Jean-Jacques Vélasco, directeur du SEPRA, l’organisme officiel Français chargé des enquêtes concernant le phénomène OVNI.

Du fait de cet événement extraordinaire, son existence n’a pas été totalement bouleversée, mais toutefois, étant lui-même un scientifique de formation, il a voulu savoir ce qui se trouvait dans les dossiers militaires émanant de la gendarmerie, obtint une autorisation d’accès à ces fichiers secrets, et ce qu’il y a appris est tout à fait significatif. Mais ceci est une autre histoire.

M. Campagnac se souvient que l’enquête ainsi que certain témoins ont à ce moment envisagé qu’il pourrait s’agir de machines volantes humaines secrètes, par exemple une prototype Soviétique. Mais lui-même, comme la réalité historique que nous pouvons maintenant constater avec le recul, permettent de rejeter ce genre de possibilité: aucun « avion secret, même actuel, n’a le moindre rapport, visuellement, ou par les performances, par les manoeuvres, par le comportement, avec l’objet observé.

Jean Jacques Vélasco ne manque pas de signaler les aspects significatifs de ce cas :

Le fait du passage de l’objet entre des témoins visuels et des collines, permettant une évaluation des distances et donc des dimensions. Le trajet même de l’objet, descendant à grande vitesse à la verticale pour ensuite effectuer un trajet plus lent et à l’horizontale. Le phénomène physique des éclairages s’éteignant au passage de l’OVNI et se rallumant après.
Les phénomènes de réactions des animaux. Le nombre colossal de témoins.

La nature culturellement diverses des témoins: « M. Campagnac à peut-être lu de la science fiction, mais il est assez douteux que les paysans malgaches aient tous été influencés par les comics de science-fiction US. »
Le fait que le cas ne se produise pas aux Etats-Unis, suspecté d’être un terrain sociologique favorable à de tels phénomènes considérés alors comme illusoires ou frauduleux.

Le trajet même de l’objet évoque quelque survol intelligent de la ville: après être descendu à la verticale jusqu’au point ou, si l’objet avait été inerte, non propulsé ou non contrôlé, il se serait écrasé au sol, l’engin est « remonté » et a longé la grande artère traversant la ville.

L’aspect visuel même de l’objet n’évoque aucunement quelque phénomène naturel nouveau, mais bien plutôt une machine volante propulsée par quelque technologie qui ne ressemble, par ses caractéristiques visuelles et ses possibilités de manoeuvre, à aucun engin d’origine terrestre de cette époque à nos jours.

Certes, nous n’avons là qu’une observation d’un objet volant, et non pas de ses éventuels occupants. Cependant, l’hypothèse la plus économe, la plus simple et la seule proposée jusqu’ici est qu’il s’agisse d’un engin volant extraterrestre. Certes, on peut envisager d’autres hypothèses, tel quelque phénomène parapsychologique dans lequel une ville entière ferait « apparaître » une hallucination, mais ce genre d’hypothèse est en soi non seulement très coûteuse, en remettant en cause tout ce que nous pourrions savoir sur la nature même de la réalité. Mais aussi infructueuse en ce sens que l’on ne voit pas, si on l’admet, quelle expérience ou voie de recherche pourrait être entreprise pour soit confirmer, soit invalider une telle hypothèse.

Au contraire, en considérant l’hypothèse qu’il s’agisse d’un engin extraterrestre, ne serait-ce qu’à titre « d’hypothèse de travail », nous pourrions, en y mettant un minimum de moyens, non seulement mener à nouveau une enquête de vérification, une enquête de complément, mais aussi entreprendre une réalisation de dispositifs de détection des traces physiques de ce type de phénomènes à l’échelle d’un territoire, non pas au seul usage militaire, mais également afin de permettre aux scientifiques de disposer en toute transparence de données physique, radar, infra rouge, électromagnétiques, électriques, photographiques notamment, sur les cas à venir. 

Serait-ce la soucoupe volante visitant Madagascar ?

C’est pour la troisième fois qu’on a entendu parler de soucoupe volante visitant Madagascar. La première a été aperçue au-dessus de Fort-Dauphin au mois de septembre 1954 vers 4h du matin, la seconde au-dessus de Tananarive vers la fin de l’année qui vient de s’écouler, et la troisième au-dessus de Majunga selon le communiqué reçu ci-dessous :

Un soir, entre 19h30 et 20h moins le quart, un objet rond et lumineux a été vu au-dessus de la côte du district de Majunga et de Mitsinjo, et c’est Mr Quesnot, chef du district de Mitsinjo lui-même qui en a été un des témoins oculaires.

C’est un objet plat, un disque très lumineux, de couleur bleue verte et de la grandeur de la Lune qui a été aperçu au-dessus de Majunga. Il est venu du Nord-Est et a filé à une vitesse vertigineuse si bien qu’en très peu de temps il n’a plus été visible. Peu d’instants après, il a été aperçu à Mitsinjo et d’une luminosité si éclatante que toutes les régions qu’il a survolées furent éclairées. Il a pris la direction Ouest, vers la mer, et a disparu. Monsieur Quesnot a dit avoir observé la marche de cet objet pendant près de huit secondes. Il y a déjà quelques jours que cette soucoupe volante est apparue. 

Des ovnis survolent Tananarive 50 ans après, le mystère demeure

Il y aura 50 ans demain, un événement hors du commun aurait eu lieu à Tananarive. L’anniversaire ne fera certainement l’objet d’aucune commémoration dans la capitale malgache, et pour cause, beaucoup des témoins de l’époque ne sont plus en vie. Les faits relatés par la suite n’ont jamais été confirmés officiellement et provoquent encore une hilarité générale, ou un démenti catégorique, c’est selon.

Il s’agit d’un cas assez exceptionnel d’observation collective d’un objet volant non identifié (Ovni). Le Journal de l’île a pu reprendre contact, par téléphone, avec l’un des témoins les plus crédibles de cette scène, aujourd’hui âgé de 87 ans et installé en métropole. Il se nomme Edmond Campagnac et se souvient parfaitement du 16 août 1954.

« Un très gros ballon de rugby d’aspect métallique »

Polytechnicien, chef des services techniques d’Air France à Madagascar au moment de l’événement, il se trouve près de l’artère principale de l’agglomération, l’avenue de la Libération, en fin d’après-midi.

« Ça s’est passé alors qu’il faisait encore jour, à la sortie des bureaux. Des dizaines de milliers de personnes l’ont vu, à un peu plus de 250 mètres de hauteur, raconte-t-il. Cela avait la forme d’un très gros ballon de rugby d’aspect métallique. »

Différents témoignages parleront bien de cet objet, ainsi que d’une « boule verte électrique » se dirigeant vers le sol avant de disparaître derrière le Palais de la Reine. Mais la « chose » réapparaît une minute plus tard, fait le tour des collines de Tana, puis survole l’avenue de la Libération à une altitude plus basse, devant la foule. Edmond Campagnac, qui a réitéré son récit maintes fois (notamment dans l’émission Les dossiers de l’écran), remarque alors que la couleur verte électrique provient d’une sorte de plasma en forme de lentille, de 40 mètres de long, suivi de cet engin qui ressemble à un ballon de rugby métallique. Le tout est totalement silencieux.

Ce survol aurait été accompagné d’anomalies relatées elles aussi par différents témoins. Le responsable de l’observatoire mène l’enquête…

Les éclairages électriques se sont éteints puis rallumés et les chiens ont hurlé à la mort. Lorsque l’objet a survolé le parc à bestiaux – destinés au marché, dans la journée -, ceux-ci ont eu une réaction de panique, notamment les zébus. L’engin est ensuite reparti vers l’Ouest. Deux à trois minutes plus tard, une forme identique a été remarquée 150 kilomètres plus loin, au-dessus d’une ferme école, provoquant une panique encore plus considérable dans les enclos.

« Il y a eu un rapport de fait par le responsable de l’observatoire astronomique, le père Coze, après une enquête », précise Edmond Campagnac. Les personnels d’Air France ont été bien sûr interrogés, tout comme les éleveurs et les agriculteurs témoins.

« Nous nous sommes rendu compte que certains Malgaches avaient déjà observé ce genre de phénomène. Nous, les Occidentaux, nous baissons trop la tête », explique cet ancien ingénieur qui a grandi en Extrême-Orient. Il n’existerait aucune photographie de cet événement : « Parmi les Européens, tout le monde sortait du travail, nous n’avions donc pas un appareil en bandoulière à ce moment-là. » Selon lui, le responsable de l’observatoire a ensuite transmis les témoignages à l’armée de l’air. Depuis, ces documents n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque communication de la part des autorités militaires ou politiques. Pour quelle raison ? Edmond Campagnac répond en citant Paul Valéry: « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. »

Il faut dire que le contexte de la Guerre froide n’a pas simplifié les choses. Un climat de suspicion généralisée aurait amené certains témoins à déclarer qu’il pourrait s’agir de prototypes soviétiques ! Il n’empêche que le nombre très élevé de témoins ne peut que surprendre.

Quel crédit peut-on apporter au témoignage d’Edmond Campagnac ? Qui est-il réellement ? Scientifique de formation, il déclare avoir été prisonnier pendant la guerre en Allemagne. Il aurait été libéré par les Russes. Après avoir terminé sa formation à Polytechnique, M. Campagnac est embauché par l’un des anciens responsables de l’Aéropostale, Didier Daurat. Il est envoyé à Madagascar comme directeur technique. Il s’occupe notamment de la formation du personnel local et de la maintenance des avions. Air France compte sur lui pour former ses commandants de bord (il est lui-même pilote).
La difficulté de retrouver des témoins

Il sera ensuite affecté à Saïgon pendant 4 ans. Au cours des années 50, les témoignages sur les Ovnis sont nombreux. Le polytechnicien y est confronté: « Déjà, à la Libération, des pilotes m’en avaient parlé« , se souvient-il. Mais lorsqu’il explique en avoir lui-même vu un autre en Asie, le doute quant à sa crédibilité ne peut que persister.

« Nous étions dans l’avion avec des Américains. Les passagers ont soudain aperçu une sorte de cylindre d’une cinquantaine de mètres de long, qui semblait suspendu au-dessus de la forêt. Les conditions étaient mauvaises, mais des clichés ont été pris. Bien que le plexiglas des hublots ne soit pas d’une transparence parfaite, on voyait bien ce que c’était. » Une rencontre du troisième type, passe encore. Mais deux…

L’ingénieur ne s’arrêtera pourtant pas là. Convaincu de la réalité de ce qu’il a aperçu à Tananarive et en Asie, il participe aux activités du groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux (GEPA), qu’il présidera jusqu’en 1975, en prenant la succession du général Chassin. Cet officier – qui fut commandant et coordinateur de la défense aérienne des forces alliées en Europe centrale auprès de l’OTAN (de 1956 à 1958) – s’était notamment fait connaître pour son militantisme en faveur de l’Algérie française.

Edmond Campagnac affirme que le gouvernement – le ministre de la Recherche plus précisément – lui aurait autorisé l’accès aux archives de la gendarmerie, qui collectait par procès verbaux les témoignages de ce type.

« Ce que j’y ai découvert a confirmé mon impression« , dit-il simplement. Les membres du GEPA, précisons-le, étaient persuadés de la réalité des Ovnis et souhaitaient la prouver. La crédibilité scientifique de cet organisme – non officiel – reste donc toute relative.

L’ événement de Tananarive aurait tout de même était pris très au sérieux par le général De Gaulle, qui souhaitait créer une unité de recherche indépendante des Américains, sur cette question. L’idée prendra réellement forme quelques années plus tard au sein du Centre national d’études spatiales.

L ‘un des derniers responsables de ces services au CNES apporte d’ailleurs aujourd’hui son soutien à Edmond Campagnac. Ce qui donne une nouvelle crédibilité aux témoignages relatifs à ce 16 août 1954. Pour en avoir le coeur net, nous avons posé la question aux éventuels témoins de cette étrange rencontre (ils ne sont plus très nombreux) qui vivaient à Tana à l’époque. Les 6 personnes interrogées à la Réunion, par le biais de leurs proches, ont toutes répondu en éclatant de rire ou en affirmant que les faits sont complètement infondés. Toutes vivaient à Tana au moment des faits, l’une d’elles travaillait même comme speakerine pour l’un des médias de l’époque. D’autres témoignages ou réfutations pourraient être encore trouvés sur place, mais pour l’instant, le mystère demeure. 

source : https://www.forum-ovni-ufologie.com/t10447-1954-ovni-tananarive-madagascar


Du même auteur…

Manuel Wiroth

Ovnis sur la France des années 1940 à nos jours est le volume 1 de la version “livre” de la thèse de doctorat en histoire contemporaine de Manuel Wiroth. Il l’a soutenue en octobre 2016 à l’Université de Lyon III sous le titre original de “Histoire de l’ufologie française – Des premières recherches individuelles sur les soucoupes volantes à la constitution de réseaux d’étude des ovnis”.

Outre l’évocation d’observations classiques et moins connues, cette thèse brosse les traits de la recherche qui s’est mise en place en France pour comprendre ces phénomènes mystérieux. La recherche sur les soucoupes volantes commence à la fin des années 1940 en France. Elle est principalement le fait de ceux qui se nomment « soucoupistes ». En parallèle de cette activité exercée essentiellement à titre individuel, l’armée mène également ses propres enquêtes. Son intérêt pour la question ne se dément pas depuis les années 1940, même si les informations concernant son implication et son action se révèlent peu accessibles. De leur côté les soucoupistes s’agrègent et les premiers groupements privés d’envergure apparaissent dans les années 1950 et se généralisent à la fin des années 1960. La décennie 1970 correspond, quant à elle, à l’âge d’or de l’ufologie en France : les organisations se comptent par centaines et les ufologues par milliers. Un véritable réseau de recherche sur les ovnis apparait donc. Ce réseau s’articule autour des groupements de personnes et des individus -qui publient dans des revues spécialisées- et tente de se connecter à une ufologie scientifique publique en plein essor. Cette dernière, placée sous l’égide du CNES, prend le nom de GEPAN. Ce service, plusieurs fois rebaptisé, existe toujours aujourd’hui. Il s’appuie sur l’armée –principalement la gendarmerie- et certaines administrations qui le pourvoient en informations OVNI. L’ufologie française –en déclin depuis les années 1980- se caractérise donc par la coexistence d’un réseau de recherche privé et d’un réseau public qui, hormis en de rares occasions, collaborèrent très peu, cette situation contribuant à la maigreur des résultats obtenus par les ufologues.

Aspects inédits

La plupart des informations contenues dans cette thèse sont inédites : la première et la deuxième partie ont des perspectives socio-historiques, décrivant les hommes, les associations et leurs actions. Elles s’appuient en grande parties sur des archives privées jamais dépouillées (courriers, documents administratifs divers, fiches d’adhérents, actes de comptabilité, etc.). Tout cela n’a jamais été fait en France dans le cadre d’une étude universitaire.

La dernière partie s’intéresse à l’action de l’Etat et, là-aussi, beaucoup d’informations sont inédites, notamment concernant le rôle discret que l’armée mène en la matière depuis plus de 70 ans, ainsi que l’action des politiques et des services secrets.

Biographie de l’auteur

Manuel Wiroth est docteur en histoire contemporaine, diplômé de l’Université de Lyon. Il est actuellement professeur dans le secondaire. Intéressé dès l’adolescence par le phénomène OVNI, il a réussi à associer cette passion à ses études. Ce livre en est l’aboutissement, constituant la version allégée et quelque peu remaniée de sa thèse de doctorat qu’il a soutenue en octobre 2016, devant un jury où siégeait notamment Jean-Pierre Rospars.

Ce livre publié aux éditions JMG-Le Temps Présent (2017), est issu d’une thèse d’histoire soutenue à Lyon en 2016. L’auteur a exploré les réseaux privés (ceux des soucoupistes ou comme on les nomme aujourd’hui des ufologues) et officiels (l’histoire des recherches des services de l’État, dont celle du service du Centre national d’études spatiales (CNES) dédié à ce sujet, l’actuel Groupe d’étude et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEPAN), fera l’objet d’un second tome) qui se sont consacrés en France, depuis la fin des années 1940, à l’étude de ce que l’on a tour a tour appelé « mystérieux objets célestes », soucoupes volantes, objets volants non identifiés (OVNI) ou « phénomènes aériens non identifiés » (PAN). Outre la bibliographie existante, universitaire ou interne au domaine, Manuel Wiroth a consulté des fonds d’archives spécialisés (ainsi ceux déposés aux archives nationales ou à des archives départementales par l’association ufologique « Sauvegarde et conservation des études et archives ufologiques » ou SCEAU). Il a aussi recouru à des entretiens avec des acteurs de la scène ufologique (comme Joël Mesnard, né en 1943, longtemps responsable de la revue, fondée en 1958 et toujours existante, Lumières dans la nuit, ou Gilles Durand, né en 1955, du SCEAU). Les contacts directs ont cependant été limités, l’auteur résidant durant la rédaction de sa thèse non en métropole, où il a pu cependant numériser des documents, mais entre la Réunion et Wallis-et-Futuna.

L’ objet de Manuel Wiroth n’est pas, précisons-le, de faire l’inventaire des phénomènes observés ; il revient cependant rapidement sur l’histoire contemporaine de l’observation de ces cas insolites : foo fighters ou boules feu accompagnant des avions alliés ou de l’Axe durant la seconde guerre mondiale, « fusées fantômes » aperçues en 1946 traversant la Scandinavie mais sans laisser guère d’autres traces qu’une sorte de mâchefer, puis les premiers objets à la forme de disques aperçus aux États-Unis en 1947, et la fameuse « vague » de 1954 en France, avec de nombreux exemples rapportés par la presse régionale. Il décrit comment va se construire, en France, un intérêt d’abord individuel puis collectif à travers une riche vie associative, notamment dans les années 1970, apogée de cette « recherche » : la France comptera alors des centaines d’associations ufologiques. Comme Thibaud Canutti, l’auteur de Histoire de l’ufologie française. 1 : Le temps des soucoupistes(Le Temps présent, 2011), il mentionne les liens entre certains premiers soucoupistes des années 1940 et 1950 et l’ésotérisme, de la revue Atlantis notamment avec Marc Thirouin (1911-1972) de la Commission Ouranos, une des toutes premières entités d’étude des ovnis en France. En revanche, le rôle d’introducteur en France de Krishnamurti par René Fouéré (1904-1990), directeur de la revue Phénomènes spatiaux, ou l’appartenance un temps à l’Ancien et mystique Ordre de la rose-croix (AMORC) de Jacques Vallée (né en 1939) ne sont pas mentionnés. Un journal pionnier, le Courrier interplanétaire (1954-1969) d’Alfred Nahon (1914-1990), affichait par ailleurs une sensibilité mondialiste et anti-atomique, dans cette période profondément marquée par Hiroshima, qu’il aurait été intéressant d’explorer. Dans les années 1960 et 1970 arrive une seconde génération, entrée très jeune dans le domaine (parfois dès l’âge des 13 ans, comme Thierry Rocher, né en 1960) à travers la lecture des livres des premiers, parmi lesquels on compte aussi Aimé Michel (1919-1992, auteur de Lueurs sur les soucoupes volantes, Mame, 1954, avec une préface de Jean Cocteau et de Mystérieux objets célestes, Arthaud 1958), ou l’écrivain de science-fiction qui finira par se discréditer en donnant foi à un canular, Jimmy Guieu (1926-2000, auteur de Les Soucoupes volantes viennent d’un autre monde, Fleuve noir, 1954 et de Black-out sur les soucoupes volantes, Vaugirard, 1956).

Quelques traits peuvent être dégagés : les ufologues s’intéressent souvent également à la science-fiction, certains en sont des auteurs : Jacques Vallée, sous le pseudonyme de Jérôme Sériel, publie ainsi chez Denoël dans la collection « Présence du futur ». Une part non négligeable d’entre eux a une vocation scientifique (astronomie, aéronautique), dont ils feront parfois leur métier : Jacques Vallée, astronome qui émigrera aux États-Unis, le physicien du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Jean-Pierre Petit (né en 1939), l’astrophysicien Pierre Guérin (1926-2000). Ils ont souvent, également, un intérêt pour le paranormal : plusieurs ont ainsi collaboré à l’Institut métapsychique international (IM). Enfin, on compte parmi eux des militaires, ainsi dans le Groupe d’étude des phénomènes aériens (GEPA) de René et Francine Fouéré. Une troisième génération, enfin, participe à ce domaine depuis les années 1990, en délaissant souvent la tradition ufologique de l’enquête de terrain au profit de l’usage d’internet, avec ses intérêts et ses limites (trucages démultipliés de photos ou de films, etc.). L’auteur fait cependant référence à certaines sources internet de bonne qualité. 

L’ufologie entend, à partir d’enquêtes et de l’analyse d’observations faites par des témoins, exploiter le matériau collecté ; elle recourt aussi à des hypothèses. L’auteur en identifie quatre :

– l’hypothèse militaire (avec l’idée d’armes secrètes de puissances étrangères, rapidement abandonnée compte tenu des performances fantastiques des engins observés ou supposés observés) ;

– l’hypothèse extraterrestre (HET) qui a longtemps été hégémonique et se décline elle-même en plusieurs sous-catégories (les engins seraient pilotés par des ufonautes venues d’autres planètes ou bien ce sont des engins automatiques, etc.) ; est évoquée également l’idée de visites anciennes de la Terre (théorie des « anciens astronautes » ou néo-évhémérisme selon l’expression du sociologue Jean-Bruno Renard) ;

 -en troisième lieu l’hypothèse paranormale (HPN), avec Jacques Vallée notamment, qui avance l’idée d’une dimension inconnue d’où proviendraient les ovnis, la « Magonie » (dans son ouvrage : Passport to Magonia. On UFOs, Folklore, and Parallel Worlds, 1969, version française : Chronique des apparitions extraterrestres, J’ai lu, col. « l’aventure mystérieuse », 1974), avec l’« hypothèse Gaïa » assimilant la Terre à un organisme s’auto-régulant ; ou avec Jean Sider (né en 1933) défendant l’idée étonnante d’entités fluidiques vampirisant l’énergie humaine ;

– enfin l’hypothèse psycho-sociologique (HPS), qui rejoindra parfois les critiques des sceptiques extérieurs, eux, au domaine, comme l’Union rationaliste ou les zététiciens : pour les tenants de l’HPS les observations sont des méprises (rentrées atmosphériques de satellites, météorites), des phénomènes atmosphériques rares (nuages lenticulaires, foudre en boule) ou des canulars. Les représentations sociales peuvent également intervenir. Cette hypothèse va contribuer à mettre en crise profonde le milieu, d’autant plus qu’elle émane, à la fin des années 1970, de jeunes, les « nouveaux ufologues » d’abord tenants de l’HET (Michel Monnerie, né en 1940, pourtant d’abord membre de la revue Lumières dans la nuit (LDLN), il est l’auteur du premier livre de ce courant : Et si les OVNIS n’existaient pas ? Les Humanoïdes associés, 1977 (on peut aussi citer : Thierry Pinvidic  (sous la direction de), OVNIS: vers une anthropologie d’un mythe contemporain, Heimdal, 1993). Elle suscitera interrogations, amertume et parfois abandon de la recherche. Une certaine lassitude, bien différente de l’enthousiasme des débuts, gagnait aussi alors les uns et les autres face au manque de réponse devant l’énigme des ovnis. Pour couronner le tout, la culture ufologique est emprunte de traits assez paranoïaques (ainsi avec le thème, partagé par beaucoup, du « cover-up » des États face à l’existence supposée des ovnis, quand ce ne sont pas des scénarios encore plus sombres et carrément échevelés). Dans ce contexte, certains, comme Jacques Vallée, sont soupçonnés par d’autres d’avoir contribué à la désinformation étatique. L’ufologie a pu cependant, quoique affaiblie -beaucoup d’associations disparaissent dès le début des années 1980- perdurer jusqu’à nos jours et, selon l’auteur, sa mise en cause par l’HPS a contribué à mieux vérifier les cas étudiés.

Ayant ainsi balisé le décor, l’auteur décrit cette vie associative, parisienne pour le GEPA par exemple, dont les réunions se font d’abord, en 1964, dans les locaux de la revue Planète, sur les Champs-Elysées, puis dans une salle du lycée Rodin dans le 13 ème arrondissement, dont le proviseur est membre de l’association. C’est une époque, du reste, où des collégiens et des lycéens font des exposés sur les ovnis et parfois enquêtent avec leurs enseignants. La vie associative ufologique est aussi et peut-être surtout locale ou régionale (exemple de l’intéressant Comité Nord-Est des groupes ufologiques-CNEGU, dans l’Est, à tendance sceptique ; et qui compte plusieurs femmes, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce milieu). L’auteur évoque les tentatives de fédérations à travers la France (Fédération française d’ufologie, FFU) ou de comités régionaux regroupant les passionnés avec la disparition des associations ; ces dernières avaient pu avoir, dans les années 1970, une véritable vitalité : « Vérifications et études sur les rapports d’ovnis pour Nîmes et la contrée avoisinante » (VERONICA) a par exemple compté jusqu’à 200 membres et ce, pour une petite ville de province (p.333) ; le GEPA comptait alors plus de 500 membres, et LDLN, dont le tirage était de plusieurs milliers d’exemplaires, avait un réseau de 2000 enquêteurs : Manuel Wiroth évoque les moyens et les méthodes utilisées pour former des enquêteurs avec des « guides de l’enquêteur », ou des bases de données des cas pour chercher des corrélations. Les ufologues se saisissent vite des nouvelles technologies (CB, minitel, internet, informatique) pour communiquer entre eux et mettre sur le métier les données collectées. Les enquêtes elles-mêmes suivent des protocoles souvent rigoureux (déplacements sur le site, entretiens avec le témoin, le voisinage, la gendarmerie, dans le café du village, relevés très précis sur l’observation) sur des sites parfois également investigués par des journalistes ou par l’armée (cas de Marliens, avec traces au sol, en 1967, p. 359).

L’auteur évoque les tentatives difficiles des ufologues pour se faire reconnaître par les médias (ce fut cependant le cas dans les années 1970 avec Jean-Claude Bourret notamment et une série d’émissions sur France Inter) et surtout par les scientifiques, ou encore les « veillées d’observation » du ciel, les voyages d’études dont l’un pour étudier les crop-circles en Angleterre de 1989 à 1991 par le groupe Voyage d’étude des cercles en Angleterre (VECA) qui a donné lieu à des publications où ces ufologues français démontrent l’origine humaine des crop circles (Gilles Munch, Crop Circles. Le rapport  VECA, Ed. Sceptic OVNI, 2012), ou les « repas ufologiques » en place à Paris, en province et maintenant à l’étranger (Argentine, Afrique), repas avec exposés d’invités dont Gérard Lebat (né en 1949) a été l’initiateur sous leur forme actuelle. Indiquons au passage que les liens entre l’ufologie et le phénomène des « contactés » existent (exemple de l’association « Groupement de recherche et d’étude du phénomène OVNI »-GREPO) fondée dans le Vaucluse par le contacté Pierre Monnet, 1932-2009), mais qu’ils restent assez rares. Rappelons que les « contactés » dont le plus célèbre est l’Américain George Adamski (1891-1965), sont supposés avoir reçu des messages d’extra-terrestres, avoir été invités à voyager dans leur planète, etc (Marc Hallet, ancien adamskiste belge devenu sceptique: Le Cas Adamski, L’Oeil du Sphinx, 2010).

Manuel Wiroth aborde également  les controverses entre sensibilités, parfois entre personnes (ainsi autour des phénomènes supposés du Col de Vence), et la question décisive de la relation entre croyance et science : citant à ce propos le sociologue spécialiste de l’ufologie Pierre Lagrange, l’auteur. mentionne que les ufologues font parfois preuve de plus d’esprit scientifique que certains scientifiques hostiles qui sont, eux, dans la croyance scientiste. On pourrait ajouter que certains ufologues non scientifiques de métier sont parfois plus prudents que des ufologues scientifiques de profession qui ont adhéré à des thèmes à notre sens fumeux (comme Jean-Pierre Petit avec celui des Ummites, supposés habitants d’une planète infiltrés parmi les Terriens et qui auraient adressé durant des décennies des lettres à des ufologues). Les cartes sont ainsi redistribuées, ce qui est un des mérites de l’ufologie. Par ailleurs, comme l’auteur le mentionne, la découverte d’exoplanètes rend aujourd’hui l’hypothèse de formes de vie extraterrestres beaucoup moins improbable que naguère, même si, évidemment, la question de la distance a priori infranchissable avec la Terre reste entière.

Avec d’autres travaux universitaires ou de passionnés, le livre de Manuel Wiroth contribue à la connaissance de l’histoire foisonnante de ce courant ; c’est également avec intérêt qu’on lira le prochain tome, consacré aux recherches officielles.

source : http://criticamasonica.over-blog.com/2017/08/a-propos-de-ovnis-sur-la-france-des-annees-1940-a-nos-jours.apparitions-et-chercheurs-prives-de-manuel-wiroth.html


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